SEOUL, 16 mai (ActuFake) — Dans un effort pour lutter contre la désinformation, le gouvernement sud-coréen a proposé une nouvelle loi qui viserait à interdire les titres de presse considérés comme trop accrocheurs. Selon nos informations, cette initiative vise à diminuer le phénomène de l'« hyper-titrage », qui a atteint des sommets avec des titres tels que « Une femme fait fortune en vendant des chaussettes en béton ».
D'après un rapport consulté par ActuFake, 97,6 % des citoyens se disent « accablés » par ce qu'ils appellent les « titres putaclic », et 72,4 % d'entre eux affirment avoir cliqué sur un article uniquement en raison de son titre, pour découvrir que le contenu était tout autre. Contacté par nos soins, Jean-Michel Truffaut, sous-directeur adjoint de la Commission Nationale des Titres de Presse, a déclaré :
« Nous devons préserver l'intégrité de l'information. Une société où les titres sont accrochés comme des panneaux publicitaires ne peut que mener à la confusion et à la méfiance. »
Le projet de loi stipule que tout titre dépassant six mots sera désormais considéré comme illégal, et les journalistes pourraient encourir des amendes allant jusqu'à 1 million de wons (environ 750 euros) pour chaque infraction. De plus, les mots jugés « trop engageants », tels que « incroyable », « sensationnel » ou « incroyable » seront bannis du vocabulaire journalistique. Cela pourrait également mener à l'éradication de certains mots de la langue coréenne, jugés trop accrocheurs.
Cette décision fait suite à une étude de l'Institut National de la Surveillance des Médias, selon laquelle 85,3 % des Sud-Coréens affirment qu'ils ne se souviennent pas du contenu d'un article après avoir été attirés par un titre osé. « Nous voulons redonner aux lecteurs la capacité de se souvenir de ce qu'ils lisent », a déclaré Dr. Kim So-yun, responsable de l'étude.
Les conséquences de cette réglementation pourraient être abyssales. D'ores et déjà, plusieurs journaux traditionnels ont commencé à s'adapter en publiant des titres plus sobres, tels que « Un événement se produit » ou « Une personne fait quelque chose ». À ce rythme, le journalisme pourrait devenir une activité aussi palpitante qu'un séminaire sur le rangement des placards.
En outre, les agences de presse pourraient être contraintes de créer des « comités d'éthique des titres » qui vérifieraient chaque titre avant publication. Cette bureaucratie kafkaïenne pourrait engendrer des délais de publication allant jusqu'à sept jours, transformant des nouvelles brûlantes en actualités de la semaine dernière. Les journalistes pourraient bientôt avoir besoin d'un permis pour utiliser des adjectifs.
Un groupe de journalistes en colère a décidé de riposter et a lancé une campagne intitulée « Retrouvez vos titres ! », où ils partagent des exemples de titres qu'ils estiment « trop peu accrocheurs » et qui devraient rester dans les annales du journalisme.
« Pourquoi ne pas simplement interdire la lecture ? »a ironisé un membre du collectif, en brandissant un exemplaire d'un quotidien dont le titre était « La pluie tombe sur Séoul ».
Les conséquences de cette mesure sont déjà visibles : de nombreux lecteurs se plaignent que les titres deviennent si ennuyeux qu'ils préfèrent désormais lire les inconvénients du régime alimentaire du têtard plutôt que de continuer à consulter les nouvelles. Les discussions sur les forums en ligne se concentrent sur la possibilité de créer des titres alternatifs, comme « Une souris aurait été vue en train de danser la valse » ou « Un chat aurait résolu une équation mathématique ».
Finalement, si cette loi est adoptée, un retour aux titres classiques pourrait entraîner un renouveau du journalisme, mais pourrait aussi, selon certains experts, faire disparaître la capacité des citoyens à s'enthousiasmer pour un article. Comme le résume avec humour un expert en communication :
« Nous passerons d'une société où les titres crient à une société où ils chuchotent. »En attendant, il semble que la Corée du Sud se dirige vers un futur où l'ennui sera le maître mot des informations.