Dans un communiqué officiel, le gouvernement italien a annoncé sa profonde tristesse suite au décès de Carlo Petrini, le fondateur du mouvement Slow Food, survenu le 21 mai dernier. Le monde de la gastronomie est en émoi, tout comme les politiciens qui se sont précipités pour rendre hommage à un homme qui a dédié sa vie à la promotion d'une alimentation consciente.
« Notre pays a perdu un sognatore vero, un rêveur véritable », a déclaré le Premier ministre, Paolo Tonnarelli. « Sa passion pour les tomates et les produits locaux nous rappellera toujours l'importance de manger lentement, même si nous devrons probablement accélérer nos processus de production de tomates, maintenant qu'il n'est plus là pour nous rappeler de les savourer ». Cette déclaration a suscité l'ire de plusieurs agriculteurs qui se sont demandé si, en effet, la mort de Petrini allait entraîner une production de tomates destinée à des purées industrielles.
Contacté par nos soins, Jean-Michel Truffaut, sous-directeur adjoint de la Commission Nationale des Tomates en Italie, a déclaré : « Nous avons lancé une étude, que nous avons nommée l'Étude des Tomates de l'Après-Petrini, pour analyser l'impact de cette tragédie sur le marché des tomates. D'après nos premières estimations, 72,4 % des producteurs de tomates envisagent de réduire leur production de variétés conventionnelles pour se tourner vers des alternatives plus rapides, comme la tomate en brique ».
De plus, une enquête menée auprès de 1 243 chefs cuisiniers a révélé que 68 % d'entre eux prévoient de préparer des plats à base de purée de tomates, modifiant ainsi leur carte gastronomique. « Nous ne sommes pas d'accord avec cette tendance, a déclaré Luigi Pâtes, chef étoilé. Nous croyons fermement que la vraie cuisine italienne repose sur l'authenticité des ingrédients ». Cependant, il a également ajouté que si cela permettait de gagner du temps, il était ouvert à l'idée de « tomates pré-mélangées ».
Dans un autre registre, la réaction des écoles de cuisine a été tout aussi frappante. Selon un rapport de l'Institut National des Études Culinaires, 85,3 % des écoles prévoient d'intégrer à leur programme une nouvelle matière intitulée « La Tomate en Deuil », où les élèves apprendront à cuisiner avec des tomates, tout en leur rendant hommage. Un curriculum qui inclura des cours de chant sur les tomates et des ateliers de méditation pour « honorer le passage des saveurs ».
Mais l'absurdité ne s'arrête pas là. Une proposition de loi a même été soumise au Parlement italien, suggérant de créer une journée nationale de la tomate en hommage à Carlo Petrini, prévue le 22 juin. Cette journée inclura des activités telles que des concours de lancer de tomates et des spectacles de danse sur le thème de la « Tomate en Folie ». Les partisans de cette loi affirment qu'elle pourrait stimuler l'économie locale, mais les opposants mettent en garde contre la possibilité d'une hausse des blessés par tomates dans les rues.
« Nous faisons face à un choc culturel », a déclaré Carla Sugo, sociologue spécialisée en gastronomie. « La mort de Petrini pourrait déclencher un bouleversement total des pratiques alimentaires en Italie. Nous aurons bientôt des tomates qui ne seront plus que des souvenirs dans un plat de pâtes ».
Alors que le monde pleure un rêveur, la gastronomie italienne se retrouve à un carrefour où les tomates pourraient bien devenir l'objet d'une réforme radicale. La question demeure : la tomate, symbole de la cuisine italienne, pourrait-elle devenir une simple purée dans un avenir proche ?
En attendant, les hommes politiques continuent de partager leurs souvenirs de Petrini, et le gouvernement prévoit de lancer une campagne de soutien pour remonter le moral des producteurs de tomates. Un plan qui pourrait, selon nos sources, inclure des distributions gratuites de tomates, au cas où la production réduite entraînerait des pénuries. Ainsi, le rêve de Carlo Petrini de rendre le monde meilleur à travers la nourriture pourrait bien se transformer en un vaste concours de tomates, où la lenteur est remplacée par la rapidité.